Sur les chemins complexes et incertains de l’humanisation, il nous faut dépasser la double illusion de vouloir changer le monde sans se changer soi-même, ou de vouloir se changer soi-même sans changer le monde. Ce qui implique d’apprendre à relier connaissance de soi et connaissance du monde, formation personnelle et transformation sociale, écologie humaine et écologie terrestre ; et d’intégrer ce regard et cette pratique transdisciplinaires dans l’éducation comme dans l’action politique, afin de leur donner leur vraie dimension humanisante.
C’est en partant de cette préoccupation anthropologique que la Revue de Psychologie de la motivation a posé à des chercheurs et des praticiens éminents la question suivante : « Quelle idée-force, à ce moment de votre parcours de vie, vous paraît-elle la plus vitale pour le XXIe siècle ? ».
Leurs réponses, on le verra, constituent un véritable " Cahier des charges " destiné à nous éviter les précipices vers lesquels nous avançons, plus endormis peut-être qu’inconscients. Interdépendantes et complémentaires, leurs propositions nous indiquent des voies de sortie incontournables. Elles rejoignent des recherches et des pratiques innovantes qui, en de nombreux lieux et sur divers continents, travaillent à fonder un humanisme lucide et actif, capable de promouvoir une véritable équité sociale à l’échelle planétaire. Voire de nous protéger du risque, absurde, de disparition de l’espèce.
Dans ce grand bouquet d’idées-forces, les sciences humaines occupent la place qui leur revient. Tout comme la poésie et la philosophie.
Idées-forces pour le XXI° Siècle, Chronique Sociale, 2009.
Sous la direction de Armen Tarpinian avec, parmi beaucoup d’autres, des textes de Edgar Morin, René Passet, Paul Diel, Joël de Rosnay, Roger Sue, Patrick Viveret…ou Cyrille Cahen, Hubert Montagner, Robert Mistahi, Basarab Nicolescu, Charles Rojzman, Bruno Viard et des poèmes de Henry bauchau…